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Michelin 2018

Paris à la traine ? par Patrick Faus

Hommage à Bernard Pacaud

 

La fête est finie. Le rideau est tombé. Les bons élèves sont rentrés dans leurs cuisines des villes et des campagnes et les autres ont encore leurs yeux pour pleurer ou nous jouer le couplet de l’indifférence.

Comme 99% de mes confrères je ne connais peu ou de manière irrégulière la majorité des étoilés de France ce qui doit imposer une sorte de retenue dans les jugements et avis à l’emporte-pièce, ou partisans par rapport à ceux que nous connaissons bien.

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Ainsi, comme chaque année, nous avons droit aux humeurs et même coups de gueule de ceux qui voit le Michelin indifférent à leurs favoris. A tort ou à raison, mais un fan club est un fan club. On s’offusque de ne pas voir trois étoiles accrochées à une dizaine de restaurants supplémentaires si l’on en croit tous les commentaires mis bout à bout.

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En prime, nous avons droit au traditionnel « débat » sur une chaine du câble pour nous informer, nous expliquer, et nous faire comprendre que l’ensemble du guide est un scandale. L’alternative serait… les réseaux sociaux bien sûr, ce défouloir de toutes les rancœurs et autres frustrations.
Voit-on une réunion d’experts pour commenter la sortie du Gault&Millau ou du Lebey ? Voit-on un chef sauté de joie et sincèrement ému pour un 14/20, ou trois toques, ou des marmites ou des … que sais-je encore ? Tous les ans nous avons le sketch de Perico Légasse nous expliquant doctement mais avec une pointe d’agacement devant l’ignorance du brave peuple que la cuisine est ailleurs ( ?), qu’il y a des chefs heureux sans étoiles (lapalissade) et que tout ce machin n’apporte rien et définirait un style de cuisine contre un autre, etc. Le Michelin sert aussi à ça : se poser en s’opposant.
Foin de tout cela et voyons quelques évidences… de notre point de vue.

Christophe pelé

Tous les trois étoiles se maintiennent ce qui peut susciter quelque étonnement (pour Frédéric Anton au Pré Catelan, par exemple) et deux nouveaux promus font leur entrée ou leur retour pour Marc Veyrat. Pour lui, comme pour Christophe Bacquié, je ne saurais me prononcer n’ayant mangé chez aucun des deux l’année dernière.
Par contre, donner une troisième étoile à Christophe Pelé au Clarence ou à Jean-François Piège au Grand Restaurant ne me paraitrait pas le scandale du siècle !

La France apparait bien vivante et pleine de jeunes talents lorsqu’on les voit tous réunis pour recueillir leur première étoile. Un bonheur simple et communicatif et l’on a envie soudain de tous les connaitre et d’aller s’attabler chez eux pour jouir de ces talents en éclosion.

Philippe Labbé

Paradoxalement, le Michelin a été très sévère avec Paris.
Pas de nouveaux trois étoiles, pas de nouveaux deux étoiles, et quelques promus à une étoile. La vitalité et le talent ne serait-il que dans nos chères provinces. En fait, il est partout et c’est très rassurant autant que réjouissant et le Michelin demeure le meilleur miroir de cette richesse.
Mais que diable ! David Toutain, Alain Pégouret, Jean-Pierre Vigato qui termine sa splendide carrière avec une seule étoile, et d’autres encore… Philippe Labbé à la Tour d’Argent qui reste en plan avec une étoile et met sa cuisine au même niveau que le Septime, qu’Hélène Darroze, que Le Châteaubriand (merci Fooding !), ou du couple nouveau promu de Pertinence, certes sympathique mais tout de même, ou de Mavromatis dont on peut se réjouir par ailleurs de son étoile mais nous ne sommes pas dans le même monde.
Dans la série des regrets sincères, citons à nouveau et toujours l’indifférence vis à vis de Grégory Marchand au Frenchie qui est largement au niveau d’un Alain Geamm ou de n’importe quel une étoile parisien. Wait and see, again…

Fin des larmoiements et bravo à tous les niveaux promus et au Michelin qui sait toujours les dénicher dans tous les coins de France.

Prix : 24,90 €

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