Château de Courban

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2016-04-10_231124

Château de Courban

Hôtel et restaurant

à Courban (Côte-d’Or) par Patrick Faus

: cuisine décevante

: cuisine correcte

: cuisine intéressante et gourmande

: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux

: cuisine exceptionnelle

Chateau de Courban facade avec bassin

 

On comprend vite ce qui a plus au père de Jérôme et Frédéric Vandendriessche, ses deux fils aujourd’hui en charge du domaine, lorsqu’il est arrivé pour la première fois ici. Il cherchait alors une résidence secondaire pour sa famille et il est ressorti avec un des plus beaux domaines de la région, situé dans le nord de la Bourgogne.

Chateau de Courban Vue extérieure Pigeonnier

Une belle demeure datant de la fin du XIXème siècle, redécorée à l’extérieur comme à l’intérieur avec un goût et surtout avec intelligence, à savoir sans décalage violent entre le passé et le présent. Au fil des décennies, les anciennes dépendances sont devenues des lieux de séjour originaux, comme ce magnifique pigeonnier où se niche une chambre très prisée, disséminés dans le vaste domaine et en marge du bâtiment principal.

Chateau de Courban #66

Ce sont des maisons individuelles avec balcon sur le parc ou des terrasses privées, à la décoration intérieure personnalisée et le plus souvent très réussie. D’autant qu’alentour ce n’est que calme et sérénité, des champs et des bois à perte de vue, et, si la chance vous sourit, quelques biches à l’orée du bois au crépuscule.

Chateau de Courban  vue extérieure du restaurant le soir

A l’image du paysage, les chambres, sur des thématiques différentes, donnent ce sentiment paisible de demeure familiale, tant dans les couleurs rassurantes que dans le choix du mobilier et dans le souci du détail qui change tout et apporte un style sinon une signature originale. Des lieux où le temps s’arrête, où l’on a envie de se retrouver, de penser, de lire, il y a d’ailleurs beaucoup de livres à disposition dans les chambres comme dans les salons-bibliothèques qui rajoutent au voluptueux délice de se lover dans un des profonds fauteuils et canapés au coin des cheminées, l’hiver ou sur les terrasses aux beaux jours. Des moments de bonheur où l’on comprend l’esprit de ce lieu en sachant alors que l’on aura du mal à s’en séparer et à le quitter, mais pour vite y retourner. Une addiction douce et irrésistible.

Le Restaurant
La grande salle du restaurant donne directement sur la piscine du domaine, idéale les soirs d’été, mais fort agréable à l’inverse dans son côté cosy et chaleureux grâce à un éclairage très travaillé et bien pensé. Un nouveau chef japonais, Takashi Kinoshita, vient de prendre en charge les cuisines depuis quelques mois. Un pedigree rassurant, une envie de bien faire, une puissance de travail comme seul les Japonais la possèdent, et un talent certain pour construire de belles assiettes. Dans cette saison difficile de la fin de l’hiver et de l’attente des verdures du printemps, il réussir quelques beaux plat inspirés et bien réalisés.

Velouté asperges..;© P.Faus  - copie

Son Velouté d’asperges blanches de la région est agrémenté de copeaux d’asperges crues dans une bonne idée de jeu de textures, et de noix de Saint-Jacques finalement inutiles et sans saveurs face à l’asperge. Difficile à marier, mais le Chablis 1er Cru du Domaine Pattes Loup chez Thomas Pico fut magnifique. Un bon choix, comme à son habitude, du sommelier Jean-Noël Rahmani.
Le Tataki de petits gamberoni, fleurs de moutarde sauvage jaunes et vertes de Courban, chips à l’encre de seiche, vinaigrette de soja au citron, est un plat qui nous entraine loin de la Bourgogne avec beaucoup de monde dans l’assiette et qui mérite une relecture plus assagie en se dispersant moins, et en rehaussant les saveurs.

Foie gras poêlé, asperges  - copie

Par contre, le Foie gras poêlé posé sur un risotto de sarrasin, asperges vertes, écume de genièvre sauvage et un fabuleux jus corsé est digne d’une très grande table. Beau, riche et puissant. A ses côtés, la Côte-Rôtie La Viallière 2012 de Jean-Michel Guérin fit merveille.
Dans le même esprit, le Pigeonneau de la région, suprême en croûte de sésame, cuisse frit, jus au pinot noir, huile de menthe et poivre, d’une belle présentation et d’un goût puissant grâce à des cuissons parfaites, fut un plat très réussi.

Pigeon … ;© P.Faus   - copie

La chef pâtissière est également japonaise et le prouve avec un pré-dessert surprenant et superbe, le Mizushiugen mochi, sorte de gelée d’eau au sirop d’érable, qui fait passer du salé au sucré sans effort. Sinon, une sympathique construction à base de chocolat, pistache, caramel, et glace à la fève de Tonka.

La carte des vins fait une grande part aux vins de la région bien sûr, et on ne s’en lasse pas, l’accueil et le service sont parfaits, avec une jeunesse présente et souriante en salle, et l’ensemble laisse une impression de plénitude, de travail bien fait, de désir de faire toujours mieux et, comme partout dans le domaine, une ambiance chaleureuse et reposante.

De son coté, le chef propose une cuisine très recherchée, travaillée dans le détail, à la fois sophistiquée et riche et il sait la plupart du temps sortir des saveurs franches en un bel équilibre et un grand professionnalisme. Une cuisine de futur étoilé… sans aucun doute.

Chateau de Courban  Mise en place table7, rue du Lavoir
21520 Courban
Tél : 03 80 93 78 69
www.chateaudecourban.com
Paris : 250 km – Dijon : 100 km
Ouvert toute l’année
24 chambres de 100 € à 400 €
Petit-déjeuner (soigné) : 19 €

Restaurant
Fermé le midi en semaine
Menus : 45 € – 90 €
Carte : 70 € environ

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