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Cartel par Patrick Faus

: cuisine banale

: cuisine d’un bon niveau

: cuisine intéressante et gourmande

: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux

: cuisine exceptionnelle

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… on y cherche des lendemains culinaires qui ne chanteront pas ici …

Quai Valmy. Dernier carré des bobos en mal de vivre et d’exister au moment où toutes leurs « valeurs » s’effritent, se mutilent, se décomposent, et il faut continuer à faire semblant. Dans ce quartier, par ailleurs fort plaisant, l’existence se résume à des codes et à des attitudes. Jusque dans les restaurants. Cartel en est un bon exemple.

On se gargarise de mots, de définitions, d’état d’esprit mais au final, confronté au réel, il y a une toute petite salle, sans confort apparent, où l’espace vital est proche du zéro, où le service est obligatoirement friendly et sans chichis comme on dit dans les magazines féminins, avec une clientèle contrainte à la bonne humeur de façade, tickets restaurant le midi, survivants le soir.

Deux formules imbattables : 12,90 € pour deux plats, 15,90 € pour trois plats. Ceci expliquant peut-être ce qui précède et ce qui va suivre.

On nous annonce des plats « nomades », magnifique définition vide de sens qui cache des plats français avec les « tics » du moment. Au hasard de la carte : chimichuri, tigre-qui-pleure, patate douce, teriyaki, etc. Des mots… et un voyage à peu de frais. En route, donc.

Tartare de crabes et avocats © P.Faus

Tartare de crabe, avocat. Un plat omniprésent sur 80% des bistrots de la capitale, ici présenté en double decker pour un ensemble fort copieux mais qui reste sur le mou et le pré-maché, et finalement assez fade.

Rouleaux de printemps aux légumes, cacahuètes © P.Faus

Rouleaux de printemps aux légumes croquants, cacahuètes. Cacahuètes ? Pourquoi pas ? Servi un peu froid, mais agréable, bien fait et fort copieux. Une piste à suivre pour ce restaurant qui à l’évidence se cherche encore une identité, une ligne directrice et un style.
Pavé de Black Angus, sauce chimichuri (condiment à base de piment), frites maison, salade. La viande servie est finalement une bavette, bien cuite à la cuisson demandée, un peu fade malgré des efforts qui vont jusqu’à servir une sauce à l’estragon, à éviter absolument pour conserver le peu de goût de la viande.

Fish & Chips © P.Faus

Fish & Chips, tarte à la crème de la modernité tournée vers un vieux plat populo british mais qui dit populo dit intéressant. Le poisson arrive un peu sec, un peu en miettes, avec une très bonne sauce et des frites tout à fait acceptables, moelleuses ma non troppo et savoureuses … Il y a donc un cuisinier dans les sous-sols du restaurant.

Cheese cake © P.Faus

Un Cheesecake maison un peu sec, ou plutôt bourratif comme on disait avant la fin du monde, avec des framboises en plein mois de février, c’est que du bon.
Choix des vins assez court, sur une tendance bio et nature, sans surprise, mais aussi sans grand intérêt.

Une adresse parmi d’autres, sur un quai parisien qui tente de rejouer un Paris disparu, faussement populaire, dramatiquement à l’écoute de tout ce qui passe, cherchant encore et toujours des lendemains culinaires qui ne chanteront pas ici.

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153, quai de Valmy
75010 Paris
Tél : 01 58 20 00 11
www.restaurant-cartel.com
M° : Jaurès – Château Landon
Fermé dimanche soir et lundi
Brunch dimanche midi : 24 €
Menus déjeuner : 12 ,90 € (2 plats) – 15,90 € (3 plats)
Carte : 30 € environ

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