Restaurants Paris

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Le Drugstore par Patrick Faus

: cuisine décevante

: cuisine correcte

: cuisine intéressante et gourmande

: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux

: cuisine exceptionnelle

Plafond

Wait & see…

 

Le buzz et l’agitation s’estompant doucement dans la langueur du mois d’août, il était bien de retourner dans l’antre inexpugnable des Champs-Élysées, un peu comme le Fouquet’s mais dans un autre genre. Devenu depuis des décennies une cantine pour employés de bureau, pour touristes ébahis, sans oublier un Robuchon perdu dans les sous-sols obscurs et, à une époque pas si lointaine, une table de viandes haut de gamme aux prix stratosphériques qui a fait long feu.

Salle

Dans ces cas de figures, deux solutions. On maintient le navire juste à flots sachant qu’il y aura (et il y avait) toujours du monde passant par là, ou on fait appel au pompier de service qui va venir conceptualiser quelques recettes pour faire nouveau, poser sa patte et son nom sur la carte et partir vers d’autres aventures. Le Fouquet’s (encore lui) a choisi Pierre Gagnaire, le Drugstore ce sera Eric Fréchon. Epicure au Bristol, le 114, Faubourg toujours au Bristol, le Lazare, le MiniPalais, l’homme se multiplie et montre un éclectisme du meilleur effet et souvent réussi.

chef

En effet, il a fait nouveau dans la carte qui est un subtil équilibre entre un passé vraiment passé (hamburger, glaces aux noms rigolos comme avant, etc.) et les codes incontournables d’aujourd’hui (viandes labellisées dites « de collection », clin d’œil végé, produits exotiques, etc.). Bien vu, mais on est sur le fil du rasoir.
Tom Dixon, designer, a choisi sans complexes la référence historique du lieu avec des matériaux de l’époque, velours, laiton, marbre, des banquettes boursouflées, des chaises confortables cinq minutes, mais cuisine et pass ouvert pour tout le monde. Agitation garantie entre les cuisiniers en cuisine, le service virevoltant mais parfois gauche, et une clientèle tous genres et tous azimuts, Paris, province, monde…

Une première visite un peu chaotique dans l’assiette peu de temps après l’ouverture, mais, renseignement pris, le chef n’était pas là. Ceci explique peut-être cela. Caviar d’aubergine au feu de bois et grenade envahi par un monceau d’herbes, et accompagné d’un naan franchement trop sec. Champignons sautés meunière vraiment trop salés.

Agneau, harissa, semoule © Gourmets&co

Une Araignée de veau écrasée par les câpres, et des Côtes d’agneau grillées à la harissa, semoule façon couscous envahies par les olives. Par contre, simple mais grandiose tempura de maïs poudré au sel de tandoori, véritable drogue addictive,

Chou fleur rémoulade, haddock © Gourmets&co

et un très savoureux Chou-fleur rémoulade et haddock. Donc, on efface et on recommence.

Le maïs en tempura est encore meilleur si c’est possible. Surtout, ne pas dédaigner la madeleine de bienvenue servie bien chaude, au fromage, (gruyère et vieux parmesan) presque comme une gougère. On en redemande. Les Accras de morue, crevettes et aïoli sont excellents avec ce discret fond de goût de crevettes au final. C’est bon comme là-bas (Martinique, en l’occurrence) !

Daurade, aubergines, herbes © Gourmets&co

Beau filet de Daurade royale, séché puis grillé, du coup un peu sec, et posé sur un caviar d’aubergine. Une technique de présentation que l’on n’avait pas vu depuis longtemps et peu engageante surtout à la coupe du filet ou le caviar s’écrase dans l’assiette au premier coup de couteau. Moche et désuet. De plus, beaucoup d’herbes diverses et variées sur la peau du filet qui y perd son latin.

Magnifique Millefeuille à la vanille de Bourbon, caramel. Feuilletage délicat et léger comme une plume, chantilly superbe et généreuse, du grand art.

Carte des vins bien construite, sur les appellations traditionnelles, bon choix de vins au verre (6 € à 12 €), bières, cocktails, et spiritueux.

Une ambiance agréable, un service joyeux et disponible, mais, pour l’instant (espérons) une cuisine qui part un peu dans tous les sens sans arriver nulle part. Des déséquilibres fâcheux sur certains plats, un exotisme parfois déroutant et superflu, et quelques superbes réussites qui augurent bien de l’avenir. Le tout pour des prix très… Champs-Élysées.

œuf neige, crème anglaise © Gourmets&co133, avenue des Champs-Élysées
75008 Paris
Tél : 01 44 43 77 64
www.publicisdrugstore.com
M° : Charles de Gaulle – Etoile
Ouvert tous les jours
En semaine de 8h à 2h du matin
Week end et fériés de 10 h à 2h du matin

Carte : 55 €, environ
Assiettes : de 18 € à 28 €
Club Sandwich poulet : 24 €
Classic burger : 18 €

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