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Girafe

à Paris (XVIème)

par Patrick Faus

: cuisine sans intérêt

: cuisine correcte

: cuisine intéressante

: cuisine enthousiasmante

: cuisine exceptionnelle

Terrasse © 

La table indispensable de la rentrée… et même après.

 

Quand le magazine Vogue vous dit dans son jargon inimitable, que plus personne ne veut imiter par ailleurs, que Girafe est le dernier « hot spot food » du moment, on a intérêt à s’y précipiter sous peine de passer pour des has been sans avenir, des provinciaux égarés à Paris, ou des scories de l’ancien monde qui en sont encore à se nourrir de saucisse/purée dans un bistrot du Canal Saint-Martin.

Laurent Gourcuff

Devant un tel enthousiasme, il faut savoir que les petites fées qui se sont penchées sur le berceau de Girafe (ce nom ?) sont des habitués des pages « il se passe quelque chose à Paris ». Gilbert Malafosse et Laurent Gourcuff nourrissent déjà certains parisiens chez Monsieur Bleu et Loulou.
Alter ego avec la même entrée, les mêmes espaces, et la même terrasse que le Café de l’Homme au Musée du même nom, Girafe lui se trouve dans la Cité de l’Architecture. Seul le design donne un ton plus personnel. Joseph Dirand n’a pas son pareil pour concevoir des décors éblouissants, alternant clin d’œil au passé et créativité actuelle. Un équilibre une nouvelle fois réussi avec des banquettes crème, les pilastres d’origine, un superbe bar en marbre, des plantes évoquant un ailleurs plus rêvé que réel, le tout dans un esprit marqué années 30.

Dès l’entrée, le banc de poissons et de crustacés donne le ton d’une cuisine qui va regarder vers la mer, sans non plus en faire une exclusivité. On les retrouve dans les entrées, le bon choix de fruits de mer, et les arrivages de la pêche. Le reste déclinant des plats à tendance brasserie chic sinon sophistiquée.

Les Supions sont poêlés à l’huile d’olive, les langoustines sont en ravioles, le Gambero rosso est frétillant,

Accras de morue © Gourmets&co

et les Accras de morues sont d’une finesse extrême avec une huile aux herbes assez douce ce qui trahit l’esprit des accras qui, en Martinique comme ailleurs, sont par définition pimentés, sinon ce sont des beignets de morue. A relever un peu chef, et ne vous occupez pas des peureux du palais !

Le thon se sent des vagues japonaises (en tataki, algues, etc.), la sole se sent très française (meunière ou sèche), et le poulpe est grillé avec un aïoli (discrètement aillé pour ceux qui n’aiment pas l’ail mais choisissent quand même un aïoli).

Cabillaud, morilles, giroles © Gourmets&co

Le Cabillaud est une belle pièce à la cuisson idéale, grillé et nacré, accompagné sans vergogne de mousserons, girolles et morilles sans doute venues de loin en cette saison. Un plat riche, agréable, mais un peu neutre.

Filet béarnaise © Gourmets&co

Deux viandes se frayent un passage sans trop se faire remarquer. Une côte de veau (citron et romarin), et un beau Filet de bœuf grillé et tendre, parfumé aux herbes fraiches et une bonne béarnaise sans oublier le partenaire incontournable : les frites fraiches, justement remarquables. Un beau plat.

Ne pas manquer le gros et beau Millefeuille de la jeune et sémillante chef pâtissière qui a du en faire beaucoup pour arriver à celui-là, aussi fin que goûteux.
Carte des vins courte mais au choix sérieux, globalement cher, avec entrée de gamme à 35 €, et des vins au verre intéressants de 7 € à 22 €.
Accueil motivée, et service décontracté mais très présent et efficace.

La première impression est sûrement la bonne avec une table qui ne se contente pas de vous donner la Tour Eiffel sur un plateau mais avec un chef, Benoit Dargère, qui travaille en cuisine et qui travaille bien. Il muscle un peu les plats et les deux réunis en feront la table indispensable de la rentrée… et même après.

vueGirafe
Cité de l’Architecture
1, place du Trocadéro
75016 Paris
Tél : 01 40 62 70 61
www.girafeparis.com
M° : Trocadéro
Ouvert tous les jours de 12h à minuit
Carte : 70 €, environ

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