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Lorette et les Garçons

Paris (IXème) par Patrick Faus

: cuisine sans intérêt

: cuisine correcte

: cuisine intéressante

: cuisine enthousiasmante

: cuisine exceptionnelle

Salle (1)

Une bonne adresse pour des jeunes garçons/filles qui viennent de quitter le McDo

 

La sympathie peut-elle tout excuser ? Tout faire passer ? Suffit-il du sourire d’un jeune homme plein de bonne volonté pour faire oublier l’absence d’exigence qui règne en cuisine ? Car enfin, au final du final et à la fin des fins c’est quand même l’assiette qui compte dans un restaurant. Exemple : un Petit salé aux lentilles qui rappelle celui de la cantine du lycée Carnot à Paris dont j’ai largement abusé durant mon adolescence, même servi avec un sourire désarmant mais cependant viril, ne peut que difficilement faire accepter cette tambouille de lentilles archi-cuites et de deux bouts de petit salé posés dessus. Lorette, qui serait la grand-mère d’un des boys, doit se retourner dans sa tombe. Paix à son âme.

Œufs mayonnaise © Gourmets&co

Les Œufs mayonnaise sont comme au café en bas de chez moi, pas moins mais pas plus, et le Hareng pommes à l’huile en entrée du jour est bien réussi grâce à un poisson de belle qualité.

Harengs pommes à l'hiuile © Gourmets&co

Le plat phare de la maison, en tout cas avant que l’ancien chef ne rende son tablier au bout de six mois et que le nouveau, Nicolas Duroux un ex du Dôme du Marais à Paris, prenne ses marques, était le Bœuf bourguignon.

Bœuf Bourguignon © Gourmets&co

Une assiette creuse, bien servie, généreuse, jus bien sombre comme il se doit, une bonne texture un peu « sirop », dégageant une bonne odeur de sauce chaude et de viandes bien braisées. Et c’est le cas. Ce plat mythique, bâclé dans toutes les brasseries indignes de la capitale, est ici délicat, riche, et délicieux.

Brioche perdue

Brioche genre pain perdu en dessert. Là aussi, pourquoi grands dieux continuer à appeler pain perdu ce dessert où il n’y a plus de pain mais de la brioche ou au mieux, comme ici, du pain brioché. Car enfin, le pain perdu de nos chères mamans était du pain avec de la miche, un peu rassis que l’on trempait dans du lait et dans de l’œuf. Il y avait donc un peu de matière alors que la brioche est souvent trop molle et donne vite une bouillie sur laquelle on rajoute le plus souvent, et c’est hérétique, une boule de glace médiocre qui va fondre dessus et rajouter au gloubi-glouba de ce dessert bafoué et malmené.

Sinon, la petite salle est sympa, les garçons aussi, les tables sont nappées, les banquettes confortables, et le sol en carrelage d’époque. La clientèle du soir ressemble furieusement aux patrons, les filles ensemble et les mecs de leurs côtés, ca parle fort, c’est content d’être là, et la carte est sous plastique écrite en noir et rouge pour bien faire comme avant. Tout est là. Le présent ne serait-il qu’un passé recomposé dans l’attente du futur ?

Carte des vins ultra courte, abordable, et c’est tant mieux car elle n’est pas folichonne et les vins rouges sont servis à température ambiante, donc pas assez frais. Entrée de gamme autour de 20 € pour les bouteilles, et vins au verre de 5,50 € à 9 €. Une bonne adresse pour des jeunes garçons/filles qui viennent de quitter le McDo et le sushi shop du samedi soir.

LogoLorette et les Garçons
9, rue Saint-Lazare
75009 Paris
Tél : 01 42 06 94 98
www.lorette-lesgarcons.fr
M° : Notre-Dame-de-Lorette
Fermé dimanche et lundi

Formule midi : Plat (14 €)
18,50 € (2 plats)
Carte : 28,50 € (minimum) – 45 € (maximum)

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