Restaurants Paris

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NENI

Paris (Xème) par Patrick Faus

: cuisine sans intérêt

: cuisine correcte

: cuisine intéressante

: cuisine enthousiasmante

: cuisine exceptionnelle

Salle © Gourmets&co

Un voyage gourmand autour de la Méditerranée dans un décor décalé, street art africano-urbain…

 

Le quartier de la Gare du Nord tente depuis quelques mois de se sortir de la déchéance dans laquelle il avait sombré peu à peu au fil des décennies précédentes. Faune improbable, trafics en tous genres, restaurants déprimants, et le reste qui suit. Rien n’y faisait. Les choses ont commencé à bouger dans le bon sens avec la réfection de la Gare du Nord en une sorte de vaste hall de transports, mélant trains, métro, RER, et quelques brasseries, dont celle de Thierry Marx.
A l’extérieur c’est une autre histoire. Bien sûr, on nous vend comme à l’habitude une soi-disant mixité qui serait vecteur de richesse culturelle, ce qui lorsqu’on déambule quelque peu aux alentours, parait une vaste plaisanterie.

C’est pourtant en face de la gare, dans l’ancien Terminus Nord, que le groupe allemand hôtelier « 25 hours » (référence au roman de Virgil Georghiu ?) a décidé de s’implanter en France. Le style moderne décalé attirera sans doute les personnes venant d’Angleterre à l’arrivée du Shuttle. Le concept et les idées de décoration, peintures murales, clin d’œil d’artistes à artistes, a été confié à Alex Toledano, communiquant et « historien des villes », dont le Xème où il habite. Le réflexe sociétal affleure à tous les niveaux et aucune communauté « minorité culturelle » ou autres n’a été oubliée de l’accueil au desk jusqu’à l’ascenseur. Donc, tout va bien.

Coffee-shop dans le hall d’entrée, et un petit-petit déjeuner « grab & go » ( je prends et je me casse) à disposition. Le must du lieu est, pour l’instant, le restaurant. NENI est un concept, encore un, mis au point par Haya Molcho, israélienne, dont les premières lettres des prénoms de ses quatre fils forme NENI. Lancé à Vienne en Autriche, elle en possède maintenant huit avec Paris. Là encore, décalage se voulant festif, vivant, convivial, de partage, de coins et de recoins, de chaises et de canapés, de tables basses et de tables d’hôtes, il y en a pour toutes les envies.
C’est vrai que cette ambiance nomade est assez réussie. Dépaysante certes mais sans excès de zèle, plaisante, grâce à la clientèle assez cool en apparence et à l’équipe d’accueil et de service au plus que parfait.

La carte est franchement méditerranéenne, tendance Israël, Liban, et une pointe d’Europe Centrale. Relativement courte, elle est bien représentative des différents styles du pourtour méditerranéen.

Patate douce, crème © Gourmets&co

La patate douce est cuite au four avec graines de courge et crème fraiche, servie avec une salade et une vinaigrette au sésame. Une entrée croulante un peu sous la salade et surtout envahie de crème qui déséquilibre le plat, mais qui au final séduit par son côté doucereux. Sakuska est un caviar de poivrons, tomates et aubergines cuites au feu de bois,
servi avec des noix, de la roquette, du parmesan et du pain au levain. Beau et riche, très bien réalisé, avec une texture crousti-fondante. Un plat de début d’été, léger et savoureux.

Soupe de maïs, harissa © Gourmets&co

Soupe de maïs au chili, gingembre, maïs croquant et harissa. Douceur du maïs et force de la harissa, une rencontre choc dans un équilibre réussi. Départ pour les rues de Tel-Aviv avec le Sabich : aubergine frite, houmous, salade de tomates, tahini Har Bracha à la mangue et œuf mollet bio.

Sabich © Gourmets&co Assiette de Jérusalem © Gourmets&co

Du monde dans l’assiette, de quoi vous nourrir pour la journée grâce à ce maelstrom un peu bancal et un peu fouillis. Même problème avec l’Assiette de Jérusalem : un poulet grillé aux épices orientales servi avec des oignons, poivrons, herbes aromatiques fraiches, le tout entouré d’un cordon de houmous, de sauce tahini Har Bracha, et un pain pita. Diantre, le chef n’y va pas de main morte et le résultat est plus étouffant que nourrissant avec un poulet un peu sec, trop de houmous qui perturbe le plat et, franchement, on a connu plus léger et plus subtil à Tel Aviv. Reste le côté archi-copieux et familial de cette cuisine.Un dessert superbe !
Sésame © Gourmets&co

Halva, sésame grillé, tahini cru et glace au sucre muscovado. Excellente variation sur le sésame avec graines, délicieux halva durci et râpé en tranches fines, et glace. Mémorable.
Une cuisine toujours satisfaisante de par ses origines et sa variété, mais il est dommage de n’être pas assez exigeant sur la manière de la réaliser. Chez NENI, le chef de formation classique française admet lui-même être peu au fait de ce type de cuisine qu’il connait mal et qu’il a peu pratiqué.

© Gourmets&co

Il faudrait qu’un des fistons vienne faire un tour en cuisine… puisque leur communication repose sur leurs origines et leurs plats fait comme là-bas… Carte des vins très sélective mais un verre de blanc et de rouge du Château Kefraya au Liban peuvent faire l’affaire. Prix assez doux pour l’ensemble. A découvrir de toute façon…

12, boulevard de Denain
75010 Paris
Tél : 01 42 80 20 00

https://www.25hours-hotels.com/fr/restaurants-bars/paris/neni-paris.
M° : Gare du Nord
Ouvert tous les jours
De 12h à 23h

Balagan (nombreux plats en petites portions) : 45 € (à partir de deux personnes)
Carte : 28 € (minimum) – 56,50 € (maximum)

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