Restaurants Paris

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Michel Rostang par Patrick Faus

: cuisine banale

: cuisine d’un bon niveau

: cuisine intéressante et gourmande

: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux

: cuisine exceptionnelle

C’est le genre de maison qui vous remet les idées en place. Pourtant, on a tendance à ne plus y faire attention, comme un objet précieux que l’on ne voit plus à force de le voir. Il ne fait plus partie des discussions mondaines, de la recherche compulsive de lanouvelle adresse, il ne fait pas de plat rond, carré, sphérique.
Malheur à lui car il est lui-même, sur une ligne claire et limpide qui se suffit à elle-même pour remplir son restaurant midi et soir. Normal, c’est tout bêtement savoureux, appétissant, copieux et chaleureux.
Du haut de ces assiettes, quatre générations de restaurateurs vous regardent. Droit dans les yeux et dans le palais. Talent, longévité, héritage d’un savoir faire, tout est réuni pour passer un moment de bonheur extrême dans cette salle aux boiseries magnifiques, au vitrail Art Déco, aux œuvres de Lalique et figurines de Robj. Confort cossu, ambiance gourmande, convives joyeux, tout cela commençait à nous manquer. Michel Rostang veille aux angoisses métaphysiques du gourmet, il est là pour le rassurer, pour lui rappeler qu’hier pourra redevenir demain. Saint Michel !
Il continue à travailler une cuisine sûre d’elle, sereine dans sa limpidité, riche sans complexe, terrienne sans états d’âme, sans frime inutile et recherche stérile. Un style, presque un métier d’art. Il ne fait plus la course en tête, mais il fait partie de ce peloton qui nous ravit, les fameux deux étoiles Michelin à vie, les Dutournier, Vigato, Roth, Charrial, Sarran, et d’autres encore.
Quelques plats de ce jour-là, pour se mettre de bonne humeur : Œuf cassé à la crème de topinambours et truffes fraîches (no comment) ; l’inénarrable, inébranlable, incontournable Sandwich tiède à la truffe fraîche, au pain de campagne grillé et beurre salé (une réputation non usurpée, damned !) ; Poitrine de cochon pochée puis braisée, charlottes, poireaux, liés au beurre aux truffes (il aime la truffe, non ?) ; Tarte au chocolat amer moelleuse, sauce d’une décoction de café, sorbet au chocolat (un dessin ?) ; et les Friandises (c’est joli comme énoncé, les friandises).
Impeccable maîtrise, fières assiettes, force des saveurs, aussi doué dans la légèreté que dans la puissance.
L’éternité, et non l’immuabilité, du goût.

Michel Rostang
20 rue Rennequin
75017 Paris
Tél : 01 47 63 40 77
http://www.michelrostang.com/
Fermé samedi midi, dimanche, lundi midi
Voiturier
Menu : 76 € (déjeuner) – 169 € – 198 €
Carte : 150 € environ

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