Restaurants Paris

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Le Coq Rico par Patrick Faus

: cuisine banale

: cuisine d’un bon niveau

: cuisine intéressante et gourmande

: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux

: cuisine exceptionnelle

Enfin un bon restaurant rue Lepic. Cette artère grimpante, soi-disant mythique et fort prisée des bobos du 18ème, en devenait désespérante de bouis-bouis en gargotes pour touristes esseulés et en fausses bonnes adresses pour les sorties du soir dans un quartier pour le moins fatigué. Mais Westermann vint et gagna le haut de la rue au chant du coq. Pourquoi ce nom pour le moins bizarre ? Antoine Westermann le raconte dans un conte qui est disponible dans la salle. On ne dévoilera pas la fin. En tout cas, l’histoire commence bien et les volailles se portent à merveille. D’abord, il y a du beurre Beillevaire sur la table et du pain de chez Kayser rue Monge, c’est-à-dire là où la baguette Kayser est la meilleure (on n’a jamais su pourquoi, si quelqu’un a la réponse..). Bon esprit général, sans parler de l’accueil parfait, souriant et aux petits soins, de la belle salle claire tout de bois et de pierre avec un plafond assez bas qui donne une atmosphère plus intime. Tables espacées mais l’on peut s’installer au bar, face à la broche, si l’on aime plus de convivialité et surtout quand on est seul. Trois salles en enfilade avec une préférence pour la première à la belle luminosité au déjeuner. Très beau concept d’ensemble et l’on est impatient de se plonger dans la carte volaillère. De l’œuf à la poule, la boucle est bouclée. Un plongeon dans l’Alsace profonde pour se mettre dans l’ambiance avec la Traditionnelle crème de volaille, puissamment crémée pas de doute et même un peu trop salée, avec de petits morceaux de volaille et des champignons de Paris. Pas mémorable. Par contre, la terrine de volaille, bien que servie un peu froide, est fort goûteuse et servie avec une magnifique confiture d’oignons. La Salade de foie de volailles est vraiment fameuse, accompagnée d’une originale purée moutardée. Un vrai plat ménager, classique et rustique à souhait. Alors, ce poulet ? Il y a le Bresse, la Géline de Touraine (en rupture de stock ce jour-là), et le fermier de Challans. Ce dernier est un poil fade, mais c’est le Challans qui veut ça, par contre cuisson impeccable, les frites sont parfaites, la sauce bien liée et bien liante, et le gratin de pâtes touche au sublime. Desserts fort soignés, en exemple la Mousse glacée au Grand Marnier, salade d’oranges : fraîcheur, goût équilibré et complémentaire en jouant sur l’orange, superbe ! Le Millefeuille chocolat est une fausse bonne idée comme souvent quand on triture les classiques. Beau feuilleté mais trop sur le chocolat, même si on l’adore. Thierry Lébé, le chef, tient bien son sujet.
Carte des vins simple et bien choisie. Vins au verre abordables (6 à 9 €) comme le Riesling de chez Kientzler. C’est ce que l’on appelle une bonne table, où il fait bon s’attabler, bien manger et boire agréablement. Que demande le peuple, damned ? Pas grand -chose d’autre. Les plaisirs simples et efficaces sont souvent les meilleurs, comme disait ma grand-mère qui n’était pourtant pas alsacienne.

Le Coq Rico
98, rue Lepic
75018 Paris
Tél : 01 42 59 82 89
www.lecoqrico.com
Ouvert tous les jours
M° : Lamark-Caulaincourt
Voiturier
Carte : 50 € environ
Volaille entière de Bresse (de 2 à 4 personnes) : 95 €
Géline de Touraine : 95 €
Poulette de Bresse en Baeckeoffe à la truffe : 95 €
Pintade d’Auvergne farcie au riz et foie gras de canard : 90 €

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