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Le Beaujolais nouveau par Blandine Vié

 

La présentation du beaujolais nouveau élaboré par le vigneron Dominique Piron et par Jean-Pierre Coffe pour Leader Price a eu lieu mardi midi à Paris, dans le restaurant « Mon vieil ami », rue Saint-Louis-en-l’île.
Autant l’avouer, il était perceptible que nombre de journalistes spécialisés et de dégustateurs patentés présents étaient venus avec, au minimum, une pointe de scepticisme et l’envie de ricaner, sinon celle de le descendre en flammes. C’était mon cas, aussi. Pourquoi ? Parce que le beaujolais nouveau… bof ! Commercial à mort et, il faut bien le dire, souvent piquette infâme.
Et l’on a beau savoir que, depuis que quelques vignerons (souvent en vins « nature ») ont su lui redonner des lettres de noblesse, tous les beaujolais nouveaux ne sont pas des beaujolais de caricature qui sentent la banane, ce n’est tout de même pas chez Leader Price qu’on en attendait un bon. Et pourtant, il l’est !
Une cuvée assemblée par Jean-Pierre Coffe et l’équipe Vins de Leader Price chez Dominique Piron, qui donne un vin à la jolie robe grenat brillante, au nez de fruit mûr, bien structuré en bouche avec un bel équilibre entre rondeur et fraîcheur, sans aucune acidité ni agressivité, bref… épatant ! Un Gamay expressif et harmonieux qui se laissera même sans doute boire jusqu’à l’an prochain.
Alors bien sûr, d’aucuns y trouveront à redire : Dominique Piron possède une société de négoce — ce qui semble être un crime pour certains — avec laquelle il produit son beaujolais nouveau. Son travail de vigneron, pour traditionnel qu’il soit, n’en est pas pour autant moins qualitatif. Et qu’il se soit associé au « hard discount » pour le commercialiser, même si c’est très « marketing », est-ce condamnable Au regard du travail des « petits » vignerons — et ce terme n’est pas péjoratif sous ma plume — qui travaillent le vin avec une optique différente, je peux comprendre que ça énerve. Mais au regard du consommateur, il faut bien dire qu’une bouteille à 3,95 € (ce qui est déjà un prix haut de gamme pour Leader Price) qui contient un « bon petit vin » gouleyant à souhait, c’est plutôt une nouvelle sympathique.
Essayons juste de ne pas être manichéens, et encore moins intégristes.
De toute façon, les bouteilles des uns et des autres ne ciblent pas les mêmes consommateurs. Les amoureux des vins « nature » et du vin tout court continueront à aller acheter leurs vins chez les hommes de métier que sont les cavistes. Alors que les Français dont le budget est trop serré pour s’offrir des vins à plus de 10 € la bouteille — voire même à plus de 5 € — trouveront sûrement leur compte chez Leader Price. Donc, pas de mélange des genres, ni de crime de lèse-majesté… Osons aussi rappeler à ceux qui ne le sauraient pas encore que le beaujolais ne se réduit pas au primeur (un tiers de la production) et ne se boit pas qu’en novembre. Tout le reste du vignoble est riche de vins à découvrir ou redécouvrir : beaujolais, beaujolais-villages, et dix crus emblématiques : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin à Vent, Régnié, Saint-Amour.
Mais pour conclure, si tous les beaujolais nouveaux avaient au moins le niveau du beaujo Leader Price, l’image négative qui leur est attachée n’aurait plus lieu d’être. Ce qui serait sûrement un plus non seulement pour cette appellation, mais pour le vin… en général !

Beaujolais Nouveau 2011
3,95 € la bouteille dans les 600 magasins Leader Price
En vente à partir du 17 novembre.

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