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La Cuillère d’Or 2011 par Patrick Faus

 

La deuxième édition de ce concours gastronomique 100% féminin, organisé par l’agence Cook & Com’ du 21 au 24 mars 2011, s’est à nouveau déroulé dans la station de Val d’Isère. Doit-on y voir le symbole que la gastronomie au féminin grimpe vers les sommets ? L’avenir le dira. L’essentiel étant de participer, de nombreuses candidates de tous horizons postulent chaque année pour la finale qui se déroule simultanément dans deux grands hôtels de la station, Les Barmes de l’Ours pour les huit amatrices et l’Aigle des Neiges pour les huit professionnelles. L’esprit de ce concours n’est pas seulement de brandir une récompense mais, comme l’ont voulu les organisateurs, de travailler dans une conscience environnementale dont les produits bios et le commerce équitable sont deux piliers d’une nouvelle approche de la manière de cuisiner et de se nourrir. Comme dans tout festival culinaire, les « stars » des fourneaux sont là : Régis Marcon (*** Michelin, Saint-Bonnet-le-Froid), président du jury ; Reine Sammut (* Michelin, Lourmarin), présidente d’honneur ; Laurence Salomon (Nature & Saveurs, Annecy), marraine du concours, et caution de l’approche nature et bio de la manifestation. Plusieurs chefs connus et reconnus font partie du jury, dont Gilles Choukroun (Paris), Eric Maio (* Michelin, Montauroux), Flora Mikula (Paris), Laurent Petit (** Michelin, Annecy), et bien d’autres. Produit à travailler cette année : le poulet de Bresse, et 3h30 pour présenter son plat au jury qui va alors le tester et le noter. Passionnées et concentrées, il est intéressant de noter, surtout du coté des amatrices, une farouche volonté de montrer avant tout une prouesse technique, de construire des plats « compliqués », de tenter d’allier de nombreux produits ensemble ou en éclatement et de les présenter avec les tics de la haute gastronomie. Une envie de prouver plus que de créer, comme si aujourd’hui, la forme l’emporterait sur le fond. Malgré la tension palpable, l’ambiance dans les cuisines est plutôt à l’entraide et à la complicité, et les « grands » du jury conseillent et orientent en toute convivialité. Au vue de l’ensemble des réalisations, il est difficile de dire si une approche « féminine » de la cuisine est apparue dans ce concours.
Lucie Joudiou (21 ans), apprentie au restaurant Laurent (Paris) au coté du chef Alain Pégouret, a obtenu la Cuillère d’Or « pro ». Sandrine Baumann Hautin, fonctionnaire mais aussi créatrice culinaire, emporte la Cuillère d’Or « amatrices ». On se retrouve l’année prochaine pour de nouvelles aventures, une nouvelle approche des lieux et du concours, puisque les organisateurs ont plein de projets au féminin pluriel en tête.

Trois questions à Laurence Salomon (restaurant Nature & Saveurs, Annecy)

Quelles sont les raisons de votre présence à la Cuillère d’Or ?

Laurence Salomon : Les thèmes me concernaient directement : cuisine pure et développement durable avec un aspect santé. Amener aussi mon expertise et mes connaissances dans ce domaine que beaucoup de cuisiniers n’ont pas.

 

Avez-vous retrouvé dans ce concours les valeurs que vous défendez ?

Pas du tout ! Je fais une cuisine dans le souci de l’équilibre entre le cuit, le cru, le chaud, le froid, et je préserve la naturalité des ingrédients sans cuissons et réductions excessives. Je n’ai vu que ça pendant ce concours : des sur-cuissons, une débauche d’énergie provoquée par les 3h30 impartie qui poussent les candidates à compliquer le plat, conséquence les saveurs trop nombreuses s’entrechoquent sans aucune lisibilité. Faire simple ne veut pas dire être  simpliste. Dans la simplicité, on va chercher l’évidence, le lien et l’harmonie.

Ce que vous avez vu, n’est-ce pas les tics et les tendances du moment en gastronomie et que ces jeunes filles répercutent pour plaire ?

Cette approche est complètement has-been ! La cuisine de demain, ce n’est pas ça. Ca ne sera pas ça ! Dans ces réductions, les graisses sont suites et recuites, et puis on a besoin de cru pour le plaisir et le nutritionnel. Faire bon et beau est notre impératif premier, puis sain et digeste qui est la cerise sur le gâteau. Alors le plaisir est sublimé.

 

 

Contact : Agence Cook & Com’
Tél : 01 43 57 04 04
m.sauce@cookandcom.com

 

Le prochain concours de La Cuillère d’Or, toujours réservé aux femmes, se déroulera à Paris les 7 et 8 mars 2012, donc symboliquement lié à la  Journée  de la femme.
Thème : « Cuisine européenne, gourmandise, santé, écologie »
Président : Alex Alexanian, depuis longtemps investi sur ces thèmes.
Présidente d’honneur : Hermance Carro-Joplet, du restaurant Le Relais, à Seillans dans le Var.
Marraine : Jacotte Brazier, petite fille de la mère Brazier.

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