Lili à l’hôtel Peninsula

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Lili

à l’hôtel Peninsula par Patrick Faus

: cuisine banale


: cuisine d’un bon niveau


: cuisine intéressante et gourmande


: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux


: cuisine exceptionnelle

Dressage de table - détail © P.Faus

… une très grande table asiatique est arrivée à Paris. Enfin …

C’est peu de dire qu’il était attendu. On connait l’histoire des travaux interminables, des dépenses pharaoniques, ou en tout cas Quatariques, pour rendre présentable ce vieux vaisseau hôtelier du début du XXème siècle devenu au fil du temps des enfilades de bureaux anonymes reliés au ministère des Affaires Etrangères. Premier hôtel européen du groupe HSH, au départ une famille de juifs irakiens exilés à Shanghai et qui construisirent leur premier hôtel à Hong Kong.

Chef Tang - copieA l’arrivée, lorsque le rideau s’est levé le premier jour d’août 2014, du beau travail. Espace, volume incroyable, clarté, immensité des couloirs et du desk, deux entrées, une verrière discutable sur le plan esthétique mais qui n’arrive pas à gâcher l’ensemble, et une beauté éclatante tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Une réussite indéniable qui appelle les superlatifs et qui conforte Paris dans son rôle de capitale européenne du tourisme haut de gamme.

Six restaurants, ou plutôt des restaurants et des aires de restauration. Brasseries, restaurant gastronomique, et surtout le flagship, l’arme secrète qui se dévoile enfin, importée en grande pompe du Peninsula Tokyo où il avait une étoile au Michelin, le chef Tang Chi Keung, spécialiste et guru de la cuisine cantonaise, celle des dim sum et du riz qui porte son nom.

Le Lili, c’est un décor à couper le souffle mais pas l’appétit. Gigantesque portrait de Lili, vraie ou imaginée cantatrice des années 1920, perles, rideaux, tentures, plafonds vertigineux, colonnes, espace toujours, volume encore, tables et vaisselles magnifiques, chaises en cages à oiseaux, banquettes profondes, couleurs du rouge éclatant au sombre brillant, et une ouverture/entrée sur la terrasse pour un des (le) plus beau restaurant chinois de Paris.
Accueil chic et décontracté, pas de top model à la réception, et un directeur de salle qui gère tout ce petit monde du XVIème toujours curieux contrairement à la légende, de businessmen joyeux, et d’asiatiques surjouant l’émerveillement comme d’habitude.

Pas besoin de surjouer le plaisir à la lecture de la carte. Le chef Tang provoque la curiosité, l’intérêt, l’appétit, l’envie de tout goûter. Des mets cantonnais, simples et sophistiqués, évidents et compliqués, chers et abordables, surtout le magnifique menu à 59 €, chef d’œuvre d’équilibre, de plats différents et complémentaires en un voyage gourmand à travers cette cuisine cantonaise. La preuve en cinq plats.

Trio de Dim Sum © P.Faus

Trio de Dim Sum, légumes, champignons, chou, avec une pâte de riz d’une légèreté confondante et fondante, aérienne, et des saveurs marquées. Boum ! Chef d’œuvre !
Ravioli de crabe et bouillon, agréablement parfumé mais le gros ravioli devient un peu écœurant sur la fin et ressemble à une méduse flottant entre deux eaux …

Poulet _ citron © P.Faus

Poulet au citron, nouilles sautées au germe de soja. Un plat subtil, au poulet bien saisi à l’extérieur et d’une extrême tendreté intérieure. Des nouilles grandioses, parfumées, douces et presque croustillantes, comme rarement goûté.
Crème de mangue, pomelo, perles de sougour. Sans doute, un des meilleurs desserts de l’année par sa finesse délicate et ses saveurs exceptionnelles.

Dim Sum homard_caviar © P.Faus

A la carte, un remarquable et chic Dim sum au homard et caviar.
Une Soupe au poulet et maïs d’anthologie, à la texture légèrement épaisse, pleine de saveurs en alliance parfaite. Un plat tout en finesse qui réchauffe le cœur.

Filet de bœuf sauté, sauce au poivre noir © P.Faus

Le Filet de bœuf sauté, sauce au poivre noir est sans doute le plus discutable par sa présentation en assiette, un plat très sombre, par la mollesse du bœuf et par la sauce certes dense mais finalement peu relevée. Le seul faux pas d’un repas en tout point impressionnant de talent, de maitrise et surtout cette délicatesse dans la réalisation, présente dans chaque met. On en oublierai presque le remarquable et simple Pudding à la mangue d’une efficacité redoutable. Un point d’orgue aérien.
A l’aise et même plus, dans tous les styles de cuisson, Tang Chi Keung possède la marque d’un immense cuisinier.

La carte des vins est impressionnante pour ne pas dire plus. Composée à partir de symboles chinois comme le Ba (chiffre 8) qui porte bonheur et dont le prix des bouteilles se termine par 8. Le Prunus en Fleurs présente les jeunes vignerons intelligemment sélectionnés pour leur jeunesse et leur talent. Le Dragon sont des vins plus sur la puissance en gardant une certaine fraîcheur. Ainsi au fil d’une sélection qui est un exemple de connaissance des appellations, des terroirs, et des hommes qui y travaillent. Certes, les prix sont assez élevés et on trouve six vins au verre de 12 € à 19 €, mais d’une grande qualité, comme le Vouvray sec 2010 de chez Huet.

Une très grande table asiatique est arrivée à Paris. Enfin, pourrait-on dire. Dans tous les cas, il faut connaitre Tang Chi Keung. Il en vaut largement la peine…

Dressage de table © P.FausLili
19, avenue Kléber
75116 Paris
Tél : 01 58 12 67 50
LiliPR@peninsula.com
http://paris.peninsula.com
Voiturier
M° : Kléber
Ouvert tous les jours
Menu déjeuner : 59 € (5 plats)
Menu dîner : 115 € (6 plats)
Carte : 90 € environ

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