Plantxa

FrenchEnglish

Plantxa par Patrick Faus

: cuisine décevante

: cuisine correcte

: cuisine intéressante et gourmande

: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux

: cuisine exceptionnelle

lequipe-avec-le-chef-maximilien-kuzniar-au-centre

Toujours vivant, toujours bon

 

Malgré son emplacement dans une petite rue de Boulogne Billancourt, la notoriété du restaurant s’étend largement au-delà du quartier, de la ville, et même de Paris. C’est là que le chef Juan Arbelaez s’installa il y a quelques années en provenance de sa Colombie natale, après un passage chez Gagnaire, Fréchon et à « Top Chef ». Une cuisine fusionnelle, d’Amérique du Sud en général et des touches françaises, et même européennes. Des assiettes étonnantes et passionnantes, d’une modernité flirtant avec l’école Toutain et autres jeunes chefs parisiens, un buzz, puis un franc succès. Juan est parti sur orbite, au Nubé, restaurant de l’hôtel Marignan. Durant cette première époque, le second était Maximilien Kuzniar, qui avait su alors rester dans l’ombre mais avait parfaitement assimilé la cuisine du chef. Le voilà à la tête du restaurant aujourd’hui. Continuité bien sûr, mais aussi changement dans le style et les approches des plats. En discrétion mais bien visibles. Le Plantxa est toujours vivant, toujours bon, avec une équipe formidable tant en cuisine qu’en salle.

salle

Le décor, semi peint, semi tagué, n’a pas changé. Les tables et les chaises en bois qui ont vécu, le bar où l’on peut grignoter, la table d’hôtes, l’ambiance d’une clientèle assez jeune et joyeuse. La carte, qui change chaque semaine avec annonces par produits utilisés, est ciblée sur trois entrées, cinq plats, et deux desserts. C’est dire si on va rapidement à l’essentiel de la cuisine du chef.

ceviche-gin-gourmetsco

Ceviche, gin, quinoa. Le plat emblématique du chef et même du restaurant depuis les débuts. Des graines, du cru mariné (ce jour-là, du lieu jaune), des épices, un poil d’acidité citronnée, et une construction sur la fraicheur et les saveurs bien marquées. La carte d’identité de Plantxa.

oeuf-aubergine-serrano-gourmetsco

Aubergine, œuf, Serrano. Un légume hors saison, un œuf parfait donc sous cuit et trop glaireux, le croquant des cacahuètes légèrement grillées, et du Serrano de qualité. Un plat agréable, malgré tout.
Poulpe, sarriette, cassis, chorizo. Incroyable comment ce céphalopode est apparu sur les cartes des restaurants, du plus petit au plus grand et du bistrot au plus grand étoilé. A se demander si il va encore en rester dans les mers du globe. On va bientôt être obligé de passer à l’élevage et dire que finalement c’est aussi bon. De toute façon, ça n’a aucun goût, donc pas grave en effet. Comme les escargots. Parfois horrible, dur ou trop mou, trop cru ou pas assez, avec des assaisonnements bizarres et punitifs, le poulpe nous ennuie profondément. Ici, il est plutôt réussi surtout, comme d’habitude, par le soin apporté à l’accompagnement original et savoureux. Sinon, vivement qu’une nouvelle mode le fasse disparaitre, ou apparaitre comme ringard, et qu’il puisse vivre en paix et nous aussi.
Trois belles entrées, différentes et complémentaires, bien construites, et globalement pleine de saveurs.

cabillaud-nashi-rutabaga-gourmetsco

La pêche du jour était un cabillaud. Un beau filet bien cuit, doux et goûteux, mis en forme et en puissance par un peu de gingembre, du nashi (cousin chinois de la poire), morceaux de rutabaga bien rustique, le tout servi dans un bouillon franchement délicieux, à base de jus de poissons et de gingembre. Excellent.
Cochon, lentilles en purée, satay. Une belle cuisson, du goût, bon jus de viande, riche, un fenouil trop al dente mais un beau plat au final.

poire-passion-vanille-gourmetsco

Pas de chef pâtissier, donc des desserts simples, bien frais, comme cette Poire, crème vanillée et sorbet passion. Sympathique. Le chocolat, banane et olive, est plutôt bancal dans les alliances et dans la réalisation.

Vins du monde, un peu nature, beaucoup bio, du bon (un sauvignon blanc de Nouvelle Zélande, The Ned), du rude (le cabernet sauvignon de Coppola en Californie) mais des prix serrés (8 € bien servi).

Une cuisine originale, exotique même, passionnante à découvrir d’autant qu’elle est bien travaillée et ne se contente pas du label « ailleurs, c’est meilleur ». Des plats réussis et vraiment savoureux, pour la plupart. Le chef travaille bien, maitrise bien ces alliances de produits et donne de la vie à ses assiettes. Ce n’est pas le moindre de ses talents. Une adresse à (re)découvrir, qui vaut largement le petit voyage à Boulogne (Billancourt, bien sûr).

burger-de-la-pampa58, rue Gallieni
92100 Boulogne-Billancourt
Tél : 01 46 20 50 93
www.plantxa.com
M° : Marcel Sembat
Fermé dimanche & lundi

Menu Dégustation : 55 € (3 entrées, 2 plats, 2 desserts)
Carte : 45 € environ

Haut de page