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Le Pichet par Patrick Faus

 

: cuisine banale


: cuisine d’un bon niveau


: cuisine intéressante et gourmande


: cuisine de haut niveau… à tous les niveaux


: cuisine exceptionnelle

Il y a un côté rassurant dans les choses et les lieux qui perdurent. Le Pichet est une sorte d’institution dans son domaine. Il fut longtemps le restaurant de ces Messieurs de la finance, de la politique tendance radical et surtout socialiste. On parlait alors de la cantine de Mitterrand qui y retrouvait une sorte de pérennité dans le style du décor et de la cuisine, bourgeoise et roborative. Chirac y est apparu quelques fois et puis est parti sous d’autres cieux. Les prix étaient à la hauteur de la clientèle et permettaient aussi de sélectionner ceux et celles qui avaient le désir de se mélanger à la société des notables. De gauche certes, mais on ne mange pas à côté de n’importe qui. Cette politique des prix et le temps s’écoulant, Le Pichet est tombé un peu désuétude, la jeune génération des politiques ayant d’autres cantines…C’est à ce moment que la famille Diep, propriétaire du restaurant sino-thailandais Diep a pris des parts dans Le Pichet, connaissant dans leur restaurant la clientèle d’affaires qui continue de faire les beaux jours et soirées du quartier. Aujourd’hui, après le départ du dernier survivant de la « grande » époque, Diep a racheté le restaurant, mis Denis Tshan à sa tête, relooké la salle en gardant l’esprit, et ouvert un écailler superbe à la porte à côté. Une nouvelle vie pour Le Pichet ?
Une belle salle classique et chic sans excès, genre années 1970 rafraîchie, sûre d’elle et avec raison. La clientèle du déjeuner est toujours majoritairement masculine, parfaitement accueillie par un pro de la salle, à l’aise mais sans fioritures. La carte est à l’image du lieu, classique, bien pensée, trouvant un équilibre entre les plats bourgeois et des produits prestigieux. En cuisine, le chef Alain Larsonneur est le seul survivant de l’époque, mais un survivant bien vivant. Donc, avec tous ces professionnels aux commandes, ça roule.
Asperges blanches sauce Maltaise : qui peut résister à la sauce Maltaise, rare et ici très bien faite ? Assiette de dégustation de l’écailler, riche, fraîche et bien équilibrée. Dos de cabillaud, pour le moins honnête comme la purée qui l’accompagne. Gambas à l’huile d’olive et basilic : deux pièces énormes dans l’assiette et très grillées, étonnant et pas très convaincant. Il y a bien sûr le tartare de viande et le saumon fumé, les incontournables de la maison. Desserts dans la veine rassurante : un fameux Baba au rhum et un délicieux Macaron géant maison. Carte des vins sérieuse, à prix plutôt élevés mais le choix des vins au verre est intéressant. Service presque amical et ambiance agréable. Une adresse en renaissance, assumant son histoire sans complexe, et Denis Tshan étudie sérieusement une baisse des prix sans tomber dans la banalité. Que des bonnes nouvelles !

Le Pichet
68, rue Pierre Charon
75008 Paris
Tél : 01 43 59 50 34
Terrasse
M° : George V
Fermé samedi midi et dimanche
Carte : 80 € environ

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